VALÉRIE BELIN: LES CHOSES ENTRE ELLES

Si vous aimez l’art photographique, en comprendre, en percevoir, la démarche artistique, la volonté profonde de son auteur, le sens de l’œuvre, alors, surtout, rendez-vous à Deauville. En effet, cette ville, si proche et semblable à Paris à de nombreux égards (au point d’être surnommée son 21ᵉ arrondissement) accueille présentement l’exposition “Les choses entre elles” de Valérie Belin. Figure majeure de la photographie contemporaine, membre de l’Académie des Beaux-arts.
Installée, depuis le 24 janvier 2026 et jusqu’au 28 juin 2026, dans le cadre raffiné des Franciscaines, lieu culturel emblématique de Deauville, l’exposition invite à une expérience sensorielle et intellectuelle rare. Et pour cause, Valérie Belin explore, depuis plusieurs décennies, la frontière entre le vivant et l’inanimé, entre le réel et sa représentation. Ses photographies, à la fois hyperréalistes et troublantes, interrogent la beauté, la surface, la matière et, au-delà, notre lien intime aux objets et à l’image.
L’exposition, “Les choses entre elles”, réunit des séries emblématiques et des œuvres récentes. L’artiste y joue avec la lumière, les reflets et la texture des matières, comme pour révéler la part de mystère qui habite le quotidien.
En tout début d’exposition vous pourrez profiter d’un film court métrage, dans lequel Valérie Belin explique l’évolution de sa démarche artistique. Elle y explique notamment le pourquoi de son passage des tirages noirs et blancs argentiques, à l’usage de la couleur et des possibilités nouvelles qu’apporte le numérique.
Au travers de son œuvre Valérie Belin a une réflexion critique de notre société, tout particulièrement d’ailleurs du monde de la communication.
Ainsi la beauté figée des mannequins, qu’elle se plaît à mettre en scène, s’avère pour elle la représentation critique du dictat du paraître et des canons de la mode. La femme y est une « femme objet » réduite à l’état de décor. Ainsi, dans une de ses récentes œuvres, intitulée Painted ladies chaque centimètre de peau, à l’exception des yeux, est recouvert de maquillage. Le but de Valerie Belin, à savoir créer un phénomène d’irréalité est atteint, la photographie fabrique les stéréotypes figés, lorsque le travail de surimpression les déconstruits en introduisant le mouvement…
Alors, attardez-vous sur chacune de la soixantaine d’œuvres présentées, quittez le périphérique parisien, et allez voir cette exposition. Vous en serez ravis.