OH ! BIZ’ART

Parler d’Art au singulier est par trop réducteur !
En fait il existe, on pourrait dire, depuis la nuit des temps, ce que l’on appelle les « arts classiques » à savoir :
- L’architecture,
- La sculpture,
- La peinture,
- La musique,
- La littérature,
- La danse.
Et, plus récemment, avec l’évolution des techniques de nouveaux arts ont émergé, complémentaires des précédents, communément appelés :
- Le Cinéma,
- La photographie,
- La bande dessinée.
L’intérêt de l’homme, pour l’art, a éclos, remonte, à l’époque de l’Homo Sapiens.
Période que les archéologues appellent la « Révolution culturelle » dès lors que, se révèle, alors, chez l’homme, l’explosion de comportements symboliques et artistiques tels, peintures rupestres, sculptures, bijoux. Autant de témoignages de la capacité créative et culturelle de notre espèce.
Si la Préhistoire a donné naissance aux premières formes d’art connues, c’est durant l’Antiquité, que l’on constate l’intégration de l’art à la vie sociale, religieuse et politique…
L’art avait, alors, pour l’essentiel, un caractère religieux. Et pour cause, la théologie avait bien perçu tout l’intérêt qu’elle pouvait tirer de l’art pour transmettre le divin, éduquer les fidèles.
Puis, avec la Renaissance, période des humanistes, les œuvres deviennent un moyen d’exprimer la beauté humaine.
Les artistes ne sont plus qualifiés d’artisans, leur genre est reconnu, recherché, sujet à débats.
Avec le XIXème siècle, une nouvelle page de l’art se tourne : c’est le début de l’abstraction.
Pour ce qui est du XXème siècle on lui doit d’avoir brouillé les frontières entre art et réalité, via des mouvements tels que le cubisme, le surréalisme :
On interprète d’avantage l’idée derrière l’œuvre, que l’œuvre elle-même.
Cette évolution de l’art dans le temps est intéressante à appréhender mais, immanquablement, le fait de superposer visuels et commentaires est un plus conséquent que Stéphane de GROODT se plait à nous faire apprécier en une émission-télé intitulée OH !
Produite par la Société D18, dirigée par Tim NEWMAN durant laquelle, en l’espace de deux minutes, l’on peut, tous les dimanches à 21 h sur France 2 ou France TV5 Monde, bénéficier d’une « petite traversée de l’histoire de l’art ».
Le succès de l’émission – de ces petites pastilles qui expliquent l’art, réalisées sur une idée de Tim NEWMAN et Alexy COHEN – a généré l’idée d’en tirer un ouvrage.
Ce dernier vient, tout récemment, de sortir chez Flammarion.
Tout commel’émission il s’appelle :
OH !
BIZ’ART
D’une façon générale les livres sur l’art mettent en valeur l’œuvre d’un artiste ou d’un courant artistique spécifique. Ils combinent texte et image dans une relation intime. Certains, cependant, sont axés sur des périodes historiques, des styles, des genres artistiques.
Toutefois, à ma connaissance, aucun livre sur l’art n’avait décliné, à travers le temps, l’usage d’un thème, d’un motif donné. OH ! BIZ’ART le fait et décline, au fil de ses pages, 60 thématiques.
Des thèmes aussi divers que le jaune, le bleu, le sourire, la danse, la porte, … sont évoqués, au regard de leur traversée dans la longue histoire de l’art.
Chaque motif, chaque œuvre, fait l’objet d’un écrit approprié de Stéphane de GROODT.
Ainsi, pour ce qui a trait au « jaune », il fait référence au tombeau de TOUTANKHAMON où, rappelle-t-il, le jaune c’est avant tout l’or, celui qui illumine le tombeau et qui fut considéré, en Egypte Antique, comme la chair du soleil.
Plus tard, au Moyen-Age, le jaune devient le signe du mal. C’est ainsi parti pris par GIOTTO en sa toile « La trahison de JUDAS ».
Au XIXème siècle – TURNER utilise intensément le jaune pour évoquer le lever du soleil dans une peinture inachevée intitulée : « le lever du soleil avec monstres marins »
Vincent VAN GOGH en sa célèbre toile « Tournesols » en use pour mettre en valeur des tournesols aux pétales ensoleillées.
Au XXème siècle, on doit à KUPKA de réutiliser le jaune comme symbole de tromperie.
Au XXIème siècle Olafur ELIASSON s’approprie, avec le jaune, un soleil surnaturel.
Au-delà des œuvres et artistes, l’auteur nous rappelle que l’ocre jaune est l‘un des premiers pigments initiés par les humains. De surcroit alors que, comme déjà évoqué, dans l’Antiquité, le jaune est associé à des valeurs positives comme la prospérité et la fertilité, il se trouve en revanche dévalorisé au Moyen Age.
Montrant en cela qu’une thématique à une symbolique qui peut évaluer avec le temps.
Pour ce qui est des pages ayant trait au bleu il nous est remémoré que l’Egypte Antique en usait.
C’est d’ailleurs le cas des hippopotames en faïence bleu turquoise qui accompagnaient le défunt en son tombeau.
Au XIVème siècle GIOTTO utilise beaucoup le bleu.
Au XVème siècle Jean FOUQUET réalise l’enluminure des « Grands Chroniques de France ».
Aboutissement d’un travail échelonné sur plus de 80 ans soit de 1412 à 1489.
Au XVIème siècle RAPHAEL, l’utilise dans « La Madame de la Prairie » avec une symbolique de pureté et de sainteté.
Au XXème siècle PABLO PICASSO en use en son « autoportrait ». De même Yves KLEIN avec son « IK3 », monochrome « bleu ».
L’auteur nous apprend que, dans l’Antiquité, les Grecs et les Romains ne considéraient pas le bleu comme une couleur à part entière et, que ce n’est qu’à partir du XIIème siècle que le bleu est valorisé, et assimilé à la vierge.
Au Moyen Age c’est le Lapis-Lazuli, utilisé sous forme de pigment, qui permet d’exprimer la couleur bleue. Toutefois, très cher, il est vite remplacé par l’azurite, puis par l’indigo avant qu’avec la révolution industrielle les artistes n’aient à leur disposition de nombreux pigments synthétiques tels que le bleu de Prusse, le bleu de cobalt ou le bleu d’outremer.
Chaque thème est l’occasion de découvertes, dans le cadre d’une chronologie allant de l’Antiquité à nos jours.
En rappel, en fin d’ouvrage, en petit format, les œuvres sont remémorées sur un axe temporel qui remontre les œuvres non plus par thème mais classées par année de création.
C’est là, je puis vous l’assurer, une très belle et intéressante « traversée de l’histoire de l’art par le motif », que vous ne manquerez pas d’apprécier.
Je vous en recommande la découverte.
En outre, son originalité, en fait un cadeau qui ne peut susciter qu’’intérêt de la part de toute personne concernée par l’art dans le temps.
Au fil des années la musique des films s’est imposée comme un composant essentiel, un élément indispensable.
Initialement le film était muet mais les appareils de projection ne l’étaient pas.
Ils faisaient un tel bruit que l’idée est vite venue de mettre un fond sonore, en l’occurrence la musique, pour la dissimuler. Mais ça c’était au début du XXème siècle !… Depuis les choses ont bien évolué.
Les projections furent initialement accompagnées de pianistes voir, plus rarement d’orchestres, mais c’était loin d’être systématique car, à l’époque le cinéma n’avait pas le succès qu’on lui connaît et, de ce fait d’affluence, plus ou moins importante, entrainait ou non, l’accompagnement musical.
Pour entendre on pouvait alors difficilement parler d’enregistrement musical car l’improvisation était alors de rigueur. Ce n’est qu’après qu’une spécialité en ce domaine est née à savoir celle de « compositeur de musique de films » dont l’objectif est, en accord avec les souhaits du réalisateur, enrichir l’aspect émotionnel de l’œuvre, amplifier les émotions, souligner les moments clés du film.
Au regard de ce que le compositeur doit apporter il se doit, outre de solides connaissances musicales, qui impliquent une maîtrise de la théorie musicale et des différents styles une implication dans l’œuvre permettant la création de compositions uniques et innovantes propres à développer une signature musicale adaptée.
Toutefois la réussite, le succès du compositeur ne saurait reposer que sur ses compétences musicales, il lui faut, également, avoir, la parfaite compréhension du langage cinématographique et entretenir une grande complicité avec le réalisateur.