Penser l’entreprise autrement

C’est avec beaucoup d’intérêt que nous vous faisons périodiquement part des écrits d’Isaac Getz es qualité de professeur, d’auteur et de conseiller de dirigeants, dont les travaux ont profondément renouvelé la réflexion sur le management.
Professeur à l’ESCP Business School, il s’intéresse notamment au leadership, à l’innovation, à l’engagement des salariés, à l’IA, à la transformation des organisations. Son nom est associé au concept d’entreprise libérée » dont la notion repose sur une idée simple mais exigeante : les salariés doivent pouvoir prendre des initiatives et exercer leur responsabilité, au lieu d’appliquer mécaniquement les décisions de leur hiérarchie.
Pour Isaac Getz, l’entreprise libérée n’est pas une organisation sans règles ni objectifs mais suppose, au contraire, un cadre clair, fondé sur le respect par tous de valeurs et de la vision partagés.
Le rôle du dirigeant dans l’entreprise libérée n’est donc plus de contrôler et de transmettre des ordres. Il consiste à créer les conditions permettant aux collaborateurs de donner le meilleur d’eux-mêmes.
Tant dans ses ouvrages que dans ses interventions, Isaac Getz interpelle les modèles de management fondés exclusivement sur l’optimisation, la prévision et le contrôle. Pour lui, si ces méthodes peuvent être efficaces dans un environnement stable, elles rendent par contre les entreprises plus rigides lorsque surviennent des crises ou des changements rapides. Il fait la démonstration qu’une organisation trop centralisée réagit plus lentement et empêche souvent les salariés, pourtant proches du terrain, de prendre les décisions nécessaires.
Ainsi, pour ceux qui maîtrisent l’anglais), dans le livre « The Caring Company » Isacc GETZ et Laurent Maarbacher défendent l’idée qu’une entreprise performe mieux sur le long terme lorsqu’elle place la confiance, l’autonomie et le respect des personnes au cœur de son fonctionnement.
On retrouve d’ailleurs cette cette réflexion dans son le dernier entretien publié dans le Journal du Medef, intitulé « L’imprévu est la norme : comment diriger ? » destiné aux grands patrons Français (dont on ne peut prendre connaissance, en son intégralité, sur le site de l’auteur : isaacgetz.fr.
Isaac Getz y fait le constat que les entreprises ne traversent plus seulement des crises ponctuelles mais évoluent désormais dans une incertitude structurelle, marquée par les tensions géopolitiques, les bouleversements économiques, les évolutions technologiques, les crises sanitaires et les transformations climatiques et que, dans ce contexte, les prévisions se révèlent souvent insuffisantes : le calme devient l’exception alors que l’imprévu s’installe dans le fonctionnement quotidien des organisations. Pour notre auteur la question essentielle n’est donc plus seulement de savoir comment prévoir l’avenir, mais comment construire une entreprise capable de fonctionner durablement malgré l’incertitude.
Isaac Getz y dénonce également certaines pratiques qui fragilisent les relations avec les salariés, les clients et les fournisseurs. Pour lui, considérer le travail uniquement comme un coût ne peut que provoquer du désengagement tout comme rechercher une rentabilité immédiate peut détériorer la fidélité des clients.
À l’inverse, il estime qu’une entreprise robuste peut s’appuyer sur des collaborateurs engagés, des clients fidèles et des fournisseurs qui lui accordent leur confiance. Cette solidité relationnelle est de nature à lui permettre de mieux absorber les chocs, voire de se renforcer lorsqu’une difficulté survient.
Pour Isaac Getz, la robustesse ne vient donc pas de la recherche permanente de l’optimisation. Elle naît de la capacité de l’entreprise à mobiliser l’intelligence collective et à favoriser l’initiative. Il n’ignore pas, pour autant, que la démarche nécessite un investissement personnel du patron qui doit conduire la transformation d’une culture de la subordination et du contrôle vers une culture de la confiance et de l’autonomie.
Dans cet article, que nous vous encourageons à lire, son message aux dirigeants est clair : « il vous faut changer de regard sur votre entreprise ! » laquelle ne doit plus être considérée comme une simple machine destinée à produire des résultats, mais comme un tissu de relations internes et externes. Bien entendu il ne perd pas de vue que la performance durable ne saurait être abandonnée mais qu’elle ne peut être que la résultante d’une organisation plus humaine, plus responsable et plus robuste.
Ainsi, Isaac Getz invite les dirigeants à ne plus chercher uniquement à prévoir et à contrôler. Il les encourage à préparer leurs entreprises à l’inattendu en développant la confiance, l’engagement et la coopération. Son approche rappelle que, face à un monde instable, la meilleure stratégie n’est pas toujours de tout maîtriser, mais de rendre l’organisation capable de s’adapter.
A bon entendeur salut ! …